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Olga de Amaral: l’œuvre d’une pionnière de l’art textile contemporain

9 julio, 2026
Olga de Amaral dans son atelier à Bogotá Colombie

Depuis la rétrospective organisée par la Fondation Cartier pour l’art contemporain entre octobre 2024 et mars 2025, le nom d’Olga de Amaral a définitivement quitté le strict cercle des spécialistes pour devenir une référence pour le public francophone qui s’intéresse à la tapisserie contemporaine et à la sculpture textile. L’exposition parisienne a confirmé ce que la critique latino-américaine savait depuis longtemps : Olga de Amaral est une figure majeure de l’abstraction d’après-guerre, et l’une des artistes qui ont transformé le tissage en langage plastique autonome.

Qui est Olga de Amaral ?

Olga de Amaral, née Olga Ceballos Vélez à Bogotá le 10 juin 1932, est une artiste colombienne dont la pratique a contribué à redéfinir l’art textile à l’échelle internationale. Diplômée en dessin architectural du Colegio Mayor de Cundinamarca en 1951-1952, elle poursuit sa formation aux États-Unis à la Cranbrook Academy of Art (Michigan, 1954-1955), où elle étudie le textile avec Marianne Strengell. Cette double formation — architecture et fibre — fonde toute sa démarche : ses œuvres se pensent à la fois comme matière tissée et comme construction spatiale.

De retour en Colombie, elle épouse l’artiste Jim Amaral en 1957 et installe un atelier de textiles tissés à la main à Bogotá. En 1965, elle fonde et dirige le département textile de l’Universidad de los Andes. Dès 1967, elle participe à la 3ᵉ Biennale internationale de la tapisserie de Lausanne, rendez-vous fondateur du fiber art mondial, où elle reviendra à huit reprises jusqu’en 1995. La critique européenne l’associe rapidement aux figures de la « Nouvelle Tapisserie », au même titre que Magdalena Abakanowicz en Pologne.

L'artiste Olga de Amaral dans sa jeunesse

Pourquoi Olga de Amaral est-elle importante dans l’art textile ?

L’importance d’Olga de Amaral dans l’art textile contemporain tient à un geste précis : elle a fait sortir le tissage du registre décoratif pour l’installer dans celui de la sculpture et de l’abstraction. Là où la tapisserie occidentale demeurait, jusqu’aux années 1960, une discipline murale subordonnée à la peinture, elle propose dès 1969, avec des pièces comme *Entrelazado en naranja, gris, multicolor*, des volumes tridimensionnels qui occupent l’espace comme des sculptures de fil.

Sa contribution la plus reconnue tient à la manière dont elle articule trois généalogies : la modernité internationale héritée du Bauhaus et de Cranbrook, les traditions textiles précolombiennes andines, et l’usage de la feuille d’or comme matériau pictural à part entière. Cette synthèse a fait d’elle, selon les institutions qui l’ont accueillie, l’une des artistes essentielles de l’abstraction latino-américaine d’après-guerre — au même titre, dans son champ, que ses contemporaines mises à l’honneur par les grandes rétrospectives consacrées à l’art textile depuis le tournant des années 2020.

Le Women’s Caucus for Art lui décerne en 2019 son Lifetime Achievement Award, après que le Museum of Arts and Design de New York l’a déjà distinguée en 2005 en la nommant « Visionary Artist ». Ces reconnaissances institutionnelles confirment son rôle de référence dans le débat contemporain sur la légitimité artistique du textile.

Quel est le style artistique d’Olga de Amaral ?

Le style d’Olga de Amaral se caractérise par une recherche obstinée sur la matière. Ses œuvres combinent des matériaux d’apparence opposée — lin, coton, crin de cheval, gesso, acrylique, feuille d’or ou de palladium — qu’elle tisse, noue, tresse et entrelace pour construire des surfaces où la lumière devient un élément structurel. La feuille d’or, présente dans son vocabulaire depuis le milieu des années 1980, n’est pas un ornement : elle agit comme un pigment, capte le mouvement du regard et établit un lien explicite avec l’art précolombien et l’art colonial du continent.

Ses pièces transitent entre la peinture, la sculpture, l’installation et l’architecture. Elles ne se laissent pas réduire à une catégorie. C’est précisément cette indétermination disciplinaire — pleinement assumée — qui a fait de son travail une référence pour les discussions actuelles sur les frontières entre art textile, sculpture textile et tapisserie contemporaine.

Oeuvre d'Olga de Amaral disponible à la vente à la galerie Duque Arango à Medellín, Colombie

Pie de foto: Exposition d’Olga de Amaral à Duque Arango

Quelles sont les œuvres les plus connues d’Olga de Amaral ?

Les ensembles les plus emblématiques de la pratique d’Olga de Amaral, ceux qui structurent toutes les rétrospectives majeures, sont les suivants :

  • Alquimias. Série dans laquelle la feuille d’or s’impose comme matériau central, à la croisée de la chimie matérielle et de la mémoire précolombienne.
  • Brumas. Suspensions de fils colorés qui flottent dans l’espace : la pièce devient atmosphère, à la limite de l’apparition.
  • Estelas. Stèles textiles verticales qui dialoguent avec la tradition de la sculpture funéraire et avec l’architecture sacrée.
  • Umbras. Cycle consacré à l’ombre et à la projection, où le tissu devient écran et trace.
  • Muros tejidos. Murs tissés monumentaux qui radicalisent le rapport entre textile et architecture.
  • Lienzo Ceremonial. Toiles cérémonielles récentes, dont la version Azur (2023), qui synthétisent toute sa pensée du textile comme rituel.

Ces séries figurent dans environ 24 collections muséales permanentes, parmi lesquelles le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, la Tate Modern à Londres, le Museum of Modern Art (MoMA) et le Metropolitan Museum of Art à New York, l’Art Institute of Chicago et le Kyoto Museum of Modern Art.

Apprenez-en davantage sur les expositions d’Olga de Amaral

Olga de Amaral à la Fondation Cartier : la rétrospective qui a tout changé pour le public français

Du 12 octobre 2024 au 16 mars 2025, la Fondation Cartier pour l’art contemporain a présenté la première grande rétrospective européenne consacrée à Olga de Amaral. L’exposition réunissait près de quatre-vingts œuvres réalisées entre les années 1960 et la période la plus récente, dont une part importante n’avait jamais été montrée hors de Colombie.

La scénographie, confiée à l’architecte Lina Ghotmeh, prolongeait la logique architecturale propre à l’œuvre de l’artiste : un parcours dans lequel les pièces tissées n’étaient pas accrochées comme des tableaux mais habitées comme des espaces. C’est cette exposition qui explique le pic récent de recherches en français autour des termes « Olga de Amaral », « exposition Olga de Amaral Paris » et « art textile contemporain ». Pour beaucoup de visiteurs francophones, la Fondation Cartier a constitué le premier contact direct avec une œuvre dont les institutions américaines parlaient depuis plus de trente ans.

Pour prolonger la visite, la galerie a édité un catalogue « La contemporaneidad de lo ancestral » qui retrace les grandes étapes du parcours de l’artiste et documente plusieurs des pièces exposées en 2024-2025.

Olga de Amaral à la Galerie Duque Arango

Les œuvres de l’artiste Olga de Amaral font partie du programme de marché secondaire de la Galerie Duque Arango. Pour consulter la sélection actuelle, vous pouvez visiter la page de l’artiste ou solliciter un entretien avec notre équipe de conseil privé. Chaque pièce est présentée individuellement, dans le cadre d’un dialogue dédié à la cohérence curatoriale de votre collection.

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